© Emile Ouroumov 2017
Built with Indexhibit

    


Potemkin Palace | Palais Potemkine
Artists nominees or winners of the | Artistes nominés ou lauréats du
Prix Fondation d’entreprise Ricard
National Gallery | The Palace, Sofia (BG)
19.05-20.08.2017

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Mathieu K. Abonnenc
Bertille Bak
Stéphane Barbier Bouvet
Julien Bismuth
Cyprien Gaillard
Louise Hervé & Chloé Maillet
Adrien Missika
Stefan Nikolaev
Lili Reynaud-Dewar
Jimmy Robert
Bruno Serralongue
Marie Voignier


EN
After a series of exhibitions of works by winners of the Prix Fondation d’entreprise Ricard in Moscow (2008), Seoul (2014) and Mexico City (2016), in 2017 the foundation will present the exhibition “Palais Potemkine” [“Potemkin Palace”] at the National Gallery / The Palace in Sofia, Bulgaria. For the first time in this international series, the exhibition will also include artists nominated for this prize, which was created in 1999.

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Bulgaria's Communist leaders were eager to show the West that their country was prosperous and dynamic. So we art students were sent to tell the farmers along the Orient Express tracks where they should park their combines and pile their hay to give the misleading impression of prosperity.
Christo Javacheff, interview, St. Louis Post-Dispatch, June 2, 1995

A contemporary art prize often operates at the intersection of two movements: a cohesion effect (identifying and defining a national art scene) and a competition effect (singling out and rewarding one particular voice out of a multiplicity). At the end of this process, and through the practice of a dozen winners or nominees, the exhibition “Potemkin Palace” highlights the polysemy of this community of minds and approaches, and assembles it around a shared question: what is art’s relationship with contemporary social issues; what role does an art institution play at the heart of the city; how can an exhibition be constructed in relation to its context?
The title of the project opens this analysis through a reference to “Potemkin villages”, an expression referring to deceptions that serve purposes of propaganda. The setting of the exhibition is the building housing the National Gallery / The Palace in Sofia, an old royal palace that witnessed or participated in all of the upheavals of the history of modern Bulgaria: Ottoman domination; independence and the monarchy’s political blunders; the proclamation of the republic and Soviet satellization; the rise of democracy tempered by a period of unbridled capitalism. Today, at a time when social and political reference points seem unstable, this building teeming with historical and political meaning, conceived and realized by foreign architects, artists and craftsmen, can serve as a creative tool for analyzing the state of society, the historical and contemporary role of cultural exchanges and institutions.
The very practice of these artists from the French scene enriches the notion of a “scene” and places it in perspective. The plurality of their concerns defies the compartmentalization of geographic, stylistic or thematic boundaries that might try to homogenize their approach. Though they are united by their various connections to France, they are nonetheless citizens of a global art community. Their research and collaborations lead them to former Eastern Bloc countries, to France’s overseas territories, to former colonies, and to urban or remote areas in France and around the world. They tackle colonial history, boundary lines, political upheavals, the role of monuments and urban planning, the construction of national narratives, museum displays, the backdrop of the information society, media discourse, access to public voice and opinion, the analysis of gestures, the alterity of bodies, and the inequality between individuals.
“Potemkin Palace” is above all an invitation for artists and the public to take part in a process of establishing and revealing the foundations of society.
—Emile Ouroumov, January 2017.

The exhibition is organized by Pernod Ricard Bulgaria, the Fondation d’entreprise Ricard and the National Gallery / The Palace in Sofia, and is supported by the Institut Français.


FR
Après une série d’expositions des lauréats du Prix Fondation d’entreprise Ricard à Moscou (2008), Séoul (2014) et Mexico (2016), en 2017 la Fondation présente l’exposition « Palais Potemkine » à la National Gallery / The Palace de Sofia, en Bulgarie. Pour la première fois dans ce cycle international, le projet inclura aussi des artistes nominés pour ce prix fondé en 1999.

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Les dirigeants communistes de la Bulgarie s’empressaient à montrer à l’Ouest que leur pays était prospère et dynamique. Ainsi nous, étudiants en art, avons été envoyés montrer aux agriculteurs le long du chemin de l’Orient Express de quelle manière ils devaient disposer leurs moissonneuses-batteuses et comment empiler le foin, afin de donner l’impression trompeuse d’une prospérité.
Christo Javacheff, entretien, St. Louis Post-Dispatch, 2/6/1995

Le fonctionnement d’un prix d’art contemporain relève souvent d’un double mouvement : un effet de cohésion (identifier et circonscrire une scène artistique nationale) et un effet de compétition (désigner et récompenser une voix particulière parmi une pluralité). A l’issue de ce double mouvement et à travers la pratique d’une douzaine d’artistes lauréats ou nominés, l’exposition « Palais Potemkine » propose de souligner et réunir la polysémie de cette communauté d’esprits et de démarches autour d’un questionnement commun : quel rapport entretient l’art avec les enjeux de la société contemporaine ; quel est le rôle de l’institution artistique au coeur de la cité ; comment une exposition peut-elle se construire en rapport avec son contexte ?
Le titre du projet inaugure cette analyse critique par une référence aux « villages Potemkine », expression désignant des trompe-l’oeil à des fins de propagande. Le décor de l’exposition est le bâtiment de la National Gallery / The Palace de Sofia, un ancien palais royal qui a été témoin ou acteur de tous les rebondissements de l’histoire de la Bulgarie à l’époque moderne : la domination ottomane ; l’indépendance et les errements politiques de la monarchie ; la proclamation de la république et la satellisation soviétique ; l’avènement de la démocratie relativisé par une phase de capitalisme effréné. Aujourd’hui, à une époque où les repères sociaux et politiques paraissent instables, ce bâtiment véhiculant une charge historique et politique importante, conçu et décoré par des architectes, artistes et artisans étrangers, peut servir d’outil pour analyser l’état de la société, le rôle historique et contemporain des échanges culturels et des institutions à travers la création artistique.
La pratique de ces artistes issus de la scène française relativise et enrichit elle-même la notion de « scène ». La pluralité de leurs préoccupations déborde l’étanchéité des frontières géographiques, stylistiques ou thématiques qui chercheraient à homogénéiser leur démarche. Unis par un lien à la France, ils n’en sont pas moins citoyens d’une communauté artistique globale. Leurs recherches et collaborations les mènent dans des territoires d’outre-mer, des anciennes colonies, des pays de l’ancien Bloc de l’Est, des zones urbaines ou reculées en France et à travers le monde. Ils se confrontent à l’histoire coloniale, aux tracés des frontières, aux cataclysmes politiques, au rôle des monuments et de l’urbanisme, à la construction des récits nationaux, au décor des musées ou de la société d’information, aux discours médiatiques, aux modalités de prise de parole, à l’analyse des gestes, à l’altérité des corps, à l’inégalité des individus.
« Palais Potemkine » est ainsi et surtout une invitation lancée aux artistes et au public à faire partie d’un processus qui consiste à faire et faire voir les fondements de nos sociétés.
—Émile Ouroumov, janvier 2017

L’exposition est organisée par Pernod Ricard Bulgaria, la Fondation d’entreprise Ricard et la National Gallery / The Palace de Sofia, et bénéficie du support de l’Institut Français.